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Siffreine
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Ha les bonnes fraises!!!!!

le Dim 19 Mai - 18:08
Fraises espagnoles, un bilan écologique et social catastrophique










Devant
le succès de l’article de Claude-Marie Vadrot sur les fraises espagnoles
publié le 12 avril 2007, Politis.fr vous en propose une version
actualisée en accès libre.


Non seulement les fraises importées d’Espagne n’ont aucun goût, mais
elles représentent une catastrophe environnementale et sanitaire. Voici
de quoi vous en dégoûter à tout jamais…









D’ici à la mi-juin, la France aura importé d’Espagne plus de 90 000 tonnes de fraises [1].
Enfin, si on peut appeler fraise ces gros trucs rouges, encore verts
autour de la queue parce que cueillis avant d’être murs, et ressemblant à
des tomates ; avec d’ailleurs à peu prés le goût des tomates. Si le
seul reproche envers ces « fruits » était leur fadeur, après tout, seuls
les consommateurs piégés pourraient se plaindre d’avoir acheté un
produit qui se brade actuellement entre 2 et 3 euros le kilo dans les
marchés et les grandes surfaces, après avoir parcouru 1 500 kilomètres
en camion. A dix tonnes en moyenne par véhicule, ils sont 10 000 par an à
faire un parcours valant son pesant de fraises en CO2 et autres gaz
d’échappement. Car la quasi-totalité de ces fruits poussent dans le sud
de l’Andalousie, sur les limites du parc national de Doñana, près du
delta du Guadalquivir, l’une des plus fabuleuses réserves d’oiseaux,
migrateurs et nicheurs d’Europe.


Il aura fallu qu’une équipe d’enquêteurs du WWF
s’intéresse à la marée montante de cette fraise hors-saison, pour que
commence à être révélée l’aberration écologique de cette production qui
étouffe la fraise française dont une partie, d’ailleurs, ne pousse pas
dans de meilleures conditions écologiques quand elle provient également
de serres chauffées. Ce qu’on découvert les envoyés spéciaux du WWF et
ce que confirment les écologistes espagnols illustre la mondialisation
bon marché.


Cette « agriculture » couvre près de 6 000 hectares dont une bonne
centaine empiète déjà en toute illégalité (tolérée) sur le parc
national. Officiellement, 60 % seulement de ces cultures sont
autorisées ; les autres sont des extensions « sauvages » sur lesquelles
le pouvoir régional ferme les yeux en dépit des protestations des
écologistes. Les fraisiers destinés à cette production, bien qu’il
s’agisse d’une plante vivace productive plusieurs années, sont détruits
chaque année. Pour donner des fraises hors saison, les plants produits
in vitro sont enfournés en plein été dans des frigos qui simulent
l’hiver pour avancer leur production. A l’automne, la terre sableuse est
nettoyée, stérilisée, la microfaune détruite, avec du bromure de méthyl
et de la chloropicrine. Le premier est un poison violent interdit par
le protocole de Montréal sur les gaz attaquant la couche d’ozone signée
en 1987 (dernier délai en 2005) ; le second, composé de chlore et
d’ammoniaque est aussi un poison : il bloque les alvéoles pulmonaires en
entraînant de violentes douleurs. Il a longtemps servi de gaz de
combat et a été utilisé pour la dernière fois par Ali Hassan Al-Madjid
dit Ali le Chimique, au Kurdistan, contre les Chiites et contre les
Iraniens pour le régime de Saddam Hussein, ce qui lui a valu l’année
dernière une condamnation à la peine de mort…


Qui s’en soucie ? La plupart des producteurs de fraises andalouses
emploient une main d’œuvre marocaine ou roumaine, des saisonniers ou des
sans-papiers sous-payés et logés dans des conditions précaires, se
réchauffant le soir en brûlant les résidus des serres en plastique qui
recouvrent les fraisiers au cœur de l’hiver. Un écolo de la région
raconte l’explosion des maladies pulmonaires et de affections de la
peau. Les plants poussent sur un autre plastique noir et reçoivent une
irrigation goutte à goutte qui transporte les engrais, des pesticides et
des fongicides. Pour le lecteur dont l’appétit ne serait pas encore
coupé, continuons.


Les cultures sont alimentées en eau par des forages dont la moitié a
été installés de façon illégale et dont 80 % tirent plus d’eau qu’ils ne
sont autorisés à le faire : en moyenne 4500 m3 par hectare. Ce qui
transforme en savane sèche une partie de cette région d’Andalousie,
entraîne l’exode des oiseaux migrateurs et la disparition des derniers
lynx pardel, petits carnivores dont il ne reste plus qu’une trentaine
d’individus dans la région. Leur seule nourriture, les lapins, sont en
voie de disparition. Comme la forêt, dont 2 000 hectares ont été rasés
pour faire place aux fraisiers. La saison est terminée au début du mois
de juin. Les cinq mille tonnes de plastiques, le noir et le blanc, sont
soit emportés par le vent, soit enfouies n’importe où, soit brûlées sur
place. Et les ouvriers agricoles sont priés soit de retourner chez eux,
soit de s’exiler ailleurs en Espagne. Pour se faire soigner à leurs
frais après avoir respiré les produits nocifs.


La production et l’exportation de la fraise espagnole -l’essentiel
étant vendu avant la fin de l’hiver et en avril- représente ce qu’il y a
de moins durable comme agriculture et bouleverse ce qui reste dans le
public comme notion de saison. Quand la région sera ravagée et la
production trop onéreuse, elle sera transférée au Maroc où les
industriels espagnols de la « fraise » commencent à s’installer. Avant
de venir de Chine d’où sont déjà importés des pommes encore plus traités
que les pommes françaises.


Dommage que les consommateurs se laissent prendre, comme ils se
laissent prendre aux asperges « primeur » en provenance de la même
région et bénéficiant des mêmes soins chimiques. Au lieu d’attendre
quelques semaines que les producteurs de proximité offrent les mêmes
produits sur des marchés de proximité.








[1] Pour une consommation française marchande annuelle de 130 000 tonnes
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tontondom
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Re: Ha les bonnes fraises!!!!!

le Dim 19 Mai - 18:31


Fraises et asperges, que de chez nous!!!!
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